"Mariama", court-métrage, Réalisatrice et Comédienne

 

photo mariama

 

"Mariama",

Court-métrage de Myrtille BASTARD et Eric TELLENE

Les Films du Projectionniste, 2008.

 

 

         Mariama, une jeune afghane, arrive en France où elle vient faire ses études. Elle se retrouve confrontée à une nouvelle culture très éloignée de ce qu’elle a toujours connu. Dans sa chambre d’étudiante, elle va, en même temps que l’intimité, découvrir la solitude. Elle va tout faire pour s’intégrer dans ce « nouveau monde », vivre l’exil, être confrontée à sa différence, pour finir par se sentir totalement déracinée : « Ici je suis l’Afghane, là-bas je suis la Française. Où que je sois, je suis l’étrangère. »


"Mariama", court-métrage de Myrtille BASTARD et Eric TELLENE, produit par les Films du Projectionniste:

 

 

 

 

« Ce film est l’adaptation à l’écran d’un personnage de la pièce de théâtre Baraï chom ast, Fragments de femmes, que j’ai écrite en 2005.

 

 

Je souhaitais être au plus proche de la réalité. Je rassemblai donc dans ce texte mes propres expériences, ainsi que des anecdotes vécues par des membres de ma famille.

 

 

Le texte théâtral transmettait des notions d’exil, de nouveauté, de chamboulement, de perte de repères dans un monde où tout va très vite.

 

Pendant le tournage, nous avons réellement pris conscience de la solitude extrême dans laquelle Mariama se retrouvait.

 

« Je me sens si seule, ici on est toujours seul. Chez moi, une femme n’a pas le droit de sortir sans être accompagnée par un homme de la famille, et à la maison on est toujours en permanence au minimum 23… »

 

Cette solitude qu’elle ressent immédiatement comme une liberté, va, petit à petit, se mettre à la ronger.

 

 

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Nous souhaitions, autant dans le texte que dans l’image, rester au plus proche de la réalité, ce qui, au final, nous a fait choisir la forme du « docu-ficton» (ou « mocumentary »).

 

J’ai été marquée par la réaction d’une personne qui a vu ce film mais qui ne me connaissait pas. Elle trouvait que c’était bien que cette fille ait pu surmonter son passé et en faire un film.

 

A ce moment là, je me suis dit que nous touchions à ce qui avait été mon but premier : informer les gens sur l’Afghanistan, leur donner une autre image que celle véhiculée ordinairement par les médias.

 

 

En 2001, lors d’un séjour au sein de ma famille réfugiée au Pakistan, j’avais été révoltée par la pratique courante du mariage arrangé, et peut-être surtout, par le fait que mes cousines le trouvaient tout à fait normal et n’imaginaient pas qu’il ait pu exister une autre façon de se marier.

Leurs réactions m’avaient poussées à me questionner sur notre mode de « fonctionnement amoureux », sur la crise du célibat, la solitude, les sites de rencontre par internet…

 

 

En fin de compte, qu’est-ce qui était le pire ? Un mariage avec une personne désignée par la famille, où la relation évolue, dans la plupart des

cas, vers, si ce n’est de l’amour, une profonde tendresse, ou alors un mariage passionnel qui finit dans un cas sur trois par un divorce ?

 

Est-on en droit de juger qui est le plus heureux ?

 

Où se trouve le bonheur ?

 

 A travers son regard neuf, parfois naïf, Mariama nous livre avec humour et pudeur une vision de la société occidentale et nous questionne sur le bonheur : mieux vaut-il vivre entourée de sa famille, avec des libertés restreintes, un mari imposé, ou à l’autre bout du monde, libre, et pourtant incroyablement seule ? »

                                                               Myrtille BASTARD

 

 

 

Reportage diffusé sur RFO en 2008:

 

 

 


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